Organiser un événement écologiquement responsable

Il est difficile de promouvoir un événement écolo si Fac Verte n’adopte pas elle-même un comportement exemplaire. Il est donc important de réfléchir à l'empreinte écologique de son projet. Le pari : laisser un site propre, réduire au maximum les transports, imaginer une communication économe (papier, encres, web,...), diminuer la production de déchets, etc. Quelques conseils pour mettre vos évènements au vert :


    en plein air

    Un site proche est important car moins plus votre site est éloigné, plus vous obligerez vos hôtes à se déplacer en voiture, moto, etc. Privilégiez donc les lieux proches de votre public et/ou accessibles en transports en commun.

    La prairie bordée d’une rivière et parsemée de fleurs rares est à éviter si vous invitez une centaine d’étudiants déchaînés. Outre les dommages causés à la pelouse et au cours d’eau, les décibels échappés des enceintes ont tendance à faire fuir la faune. Avant de choisir un site, vérifiez donc qu’il n’est pas un lieu naturel protégé auprès du Conservatoire du patrimoine de votre région.
    Contactez également les associations environnementales locales : Ligue pour la protection des oiseaux, Les Amis de la Terre, France Nature environnement... Elles s’assureront, avec vous, que le lieu ne recèle pas quelques espèces protégées.

    en intérieur

    Visez les bâtiments éco-respectueux. À défaut de louer un local HQE (Haute Qualité Environnementale, www.assohqe.org), vérifiez que certains éléments sont éco-respectueux : WC équipés d’une double chasse et de robinets à arrêt automatique, fuyez les lieux surchauffés ou hyper-climatisés, local pour le tri des déchets, lumière naturelle, etc.

    Cependant, on n’a pas toujours les moyens d’exiger tout cela des infrastructures et parfois on ne peut pas faire les difficiles. C’est pourquoi, s’il s’agit d’un local que vous réutiliserez souvent, il peut être intéressant de faire quelques gestes simples pour baisser l’empreinte écologique des lieux : équiper les lampes d’ampoules basse consommation, couper le chauffage, aérer en été, limiter la consommation des appareils électriques, par exemple en n’explosant pas le quota de décibels quand vous branchez une sono...

    Les transports

    Valorisez les transports en communs :
    trains, bus, cars sont les solutions les plus économes en émissions de gaz à effet de serre. Pour vanter leurs mérites auprès des étudiants qui se rendrons à l’événement, faîtes appel à leurs bas instincts matériels : billets à tarifs réduits pour les groupes, transport groupé organisé en car, etc. Vous pouvez acheter des billets « congrès » (valables pour les festivals) à moins 20 % et les revendre aux participants. Sinon, vous pouvez aussi signalez sur votre site que les groupes de plus de dix personnes peuvent obtenir jusqu’à 75 % de remise et proposez aux inscrits d’acheter leurs billets en commun.

    Si la gare est très éloignée du site, prévoyez des cars. Si des bus desservent déjà ce parcours, appelez les compagnies en leur demandant si elles peuvent affréter quelques véhicules en plus. Vous pouvez également faire appel à une société privée (coordonnées auprès de la Mairie, des Chambres de commerce ou des Conseils généraux) et inclure le prix de la location dans la place ou dans vos demandes de subventions.

    Si pour accéder au site, seule la voiture est possible, vous pouvez proposer, par le biais d’un forum Internet, de mettre ceux qui le souhaitent en contact afin qu’ils fassent du covoiturage. Si la conception d’un forum vous semble un exploit informatique, vous pouvez vous tourner vers les experts du secteur. En effet, 123 en voiture par exemple (www.123envoiture.com) peut référencer votre événement, et même créer une page spécialement pour vous si vous apposez leur logo sur vos documents de communication.

    En dernier recours, vous pouvez proposer aux étudiants de compenser leurs émissions de CO2. Cela consiste à financer des projets économes en carbone afin de réduire ailleurs les émissions dues à vos comportements peu écologiques. Il ne s’agit pas de s’acheter une bonne conscience : cette alternative n’a de sens qu’à condition de faire des efforts personnels à côté ! Des sites comme
    www.actioncarbone.org, www.co2solidaire.org ou www.climatmundi.org calculent vos dépenses en CO2 et y associent une somme équivalente.

    Même s’il n’est pas sûr que des étudiants fauchés feront le sacrifice de ces quelques deniers, expliquer le concept et proposer un lien vers ces sites peut être un bon moyen de notifier aux participants que leurs choix de déplacements ne sont pas anodins.

    Si vous n’avez pas le temps ni la motivation de gérer les transports proposez au moins un lien vers l’éco-comparateur de la SNCF qui permet de calculer le trajet le plus économe en émissions de CO2 (pour en savoir plus :
    www.voyage-sncf.com)

    Le buffet

    Acheter des denrées cultivées ou fabriquées près du lieu de l’évènement évite un parcours important nocif pour la planète : transports, stockage dans des chambres froides, etc. Pain, fruits, légumes, jus de fruit, vin : tout ce qu’il vous faut pour dresser un buffet se trouve bien souvent dans les 50 kilomètres environnants. Adressez-vous à des producteurs locaux via les Chambres d’agriculture ou le réseau des AMAP (Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne
     : http://alliancepec.free.fr)

    Pour le thé et le café, tournez-vous vers les labels de commerce équitable et les magasins : Max Havelaar, Artisans du Monde, Aleter Eco, Lobodis, etc. Comme toujours, essayez de négocier des petits plus avec vos fournisseurs (quelques paquets offerts, une ristourne, etc)

    Les couverts en plastique (surtout les gobelets) sont l’une des principales sources de déchets dans les évènements festifs. Abandonnés dans la nature, ils mettent de 100 à 1 000 ans pour se décomposer. Afin d’éviter cette pollution, optez pour de la vaisselle à usage multiple (couverts en plastique et en amidon, lavables en machine) ou compostable et biodégradable.
    www.escarboucle.com propose toute une gamme de produits, de l’assiette au sac poubelle recyclable, pour contenus froids ou chauds. Les prix sont, certes, plus élevés que de la vaisselle classique, mais le tout est réutilisable et bien plus économique pour la planète.

    Les stands

    Évitez de faire voyager chaises et bureaux à travers la France dans un gros camion polluant. Si vous souhaitez du matériel solide, louez-le sur place. Vous pouvez également construire vous-même vos stands en utilisant des matériaux recyclables et écologiques comme le carton
    (http://camillecarton.free.fr). Pour des espaces un peu plus pro, vous pouvez contacter Natexpo (www.natexpo.com), le Salon des professionnels du bio : ils proposent des stands écologiques sur mesure à leurs exposants qu’ils pourront peut-être vous prêter moyennant un partenariat.

    La communication

    Une bonne communication ne passe pas forcément par une pléiade d’impressions. Faites la part entre ce qui peut être communiqué via Internet (invitations, dossiers et communiqués de presse, annonce de l’événement, etc.) et ce qui doit absolument être imprimé : quelques affiches et flyers, la signalétique et, éventuellement, des badges pour les participants. Évaluez au plus juste le nombre d’impressions.

    Assurez-vous que l’imprimeur auquel vous vous adressez est bien détenteur du label
    Imprim’vert, qui garantit qu’il ne rejette pas de substances toxiques dans l’atmosphère. Demandez à ce que vos impressions soient réalisées sur papier éco-labellisé, vérifiez que les fibres proviennent de matières recyclées ou de forêts gérées durablement, et que l’encre utilisée est végétale.

    N’oubliez pas de préciser sur vos documents de communication à quel point la promotion de votre événement et l’événement lui-même, sont éco-responsables. Non seulement cela donnera des idées aux participants souhaitant organiser des projets identiques, mais vous pourrez, en plus, en retirer une certaine publicité auprès des médias, des subventions de la part d’organismes sensibles à ces questions et / ou souhaitant associer leur nom à cela ainsi que la reconnaissance des riverains ravis de vous voir prendre soin de leur environnement.

    Les toilettes écolos

    En pleine nature ou dans un local mal équipé en sanitaires, n’hésitez pas à faire installer des toilettes sèches. Louables pour des sommes modiques, elles vous permettront de proposer des WC propres et écologiques grâce aux économies d’eau, mais aussi car leur « contenu » est transformé en un compost riche pour la terre (pour en savoir plus : www.ecotoilettes.net).
      Le tri des déchets

      Mettre des poubelles bleues, jaunes, vertes à disposition, c’est bien. Mais ça ne suffira pas à empêcher les déchets sauvages. Il est important de communiquer largement sur le tri sélectif et signaler abondamment et visiblement les poubelles. Sur chacune, notez clairement ce qu’elle peut accueillir afin que les participants trouvent la bonne case facilement.

      Pour éviter que les gens utilisent un gobelet différent chaque fois qu’ils veulent se désaltérer, mettez en place un système de consigne. Chacun paye le premier verre un euro plus cher, ce qui inclut le prix du gobelet. Il pourra payer les boissons suivantes au prix normal, à condition qu’il revienne avec sa timbale, et pourra récupérer ses deniers en fin de soirée s’il ramène son gobelet (pour en savoir plus: http://www.elemen-terre.org).

      Enfin, si vous vendez des canettes en aluminium, équipez-vous d’un compacteur qui vous permettra de gérer directement ce déchet. La société CKFD environnement (
      www.ckfd.fr) les loue, au cas par cas, aux organisateurs d’évènements pour un forfait d’environ 350 euros pour un mois.

      Sensibiliser pendant l’événement

      Il peut être intéressant de proposez quelques stands de sensibilisation avec des animations sur le tri des déchets ou le calcul de l’empreinte écologique, des dépliants rappelant les éco-gestes. Le Défi pour la Terre a également édité un livret « Éco-cool » recensant les bonnes pratiques des festivaliers que vous pourrez distribuer.


      Tiré du pack groupe Fac Verte - L’écologie universitaire